Contributions : l’œil du photographe 2 / the eye of the photographer 2

Voici toutes les interprétations (dans l’ordre de réception) qui m’ont été proposées pour l’ODP2, dont je rappelle l’image support :

ODP2

ODP2

Cette photo en a fait râler plus d’un au départ, et pourtant, je trouve qu’elle a été le point de départ à des créations vraiment riches et variées !

Un grand merci à tous les participants !

Je vous propose de voter pour vos trois versions préférées (le grand gagnant aura le droit d’organiser l’ODP3 !), et d’échanger vos impressions dans les commentaires.

Tout le monde peut voter bien sûr, y compris ceux qui n’ont pas participé au jeu, jusque demain, mardi, 23h59 !

L’identité des artistes (et du gagnant) sera révélée mercredi.

Allez, ouvrez grand les yeux !

ENGLISH

Here are all the interpretations (in order of receipt) that have been given for the game.

The original photo seemed to annoy a few people at the beginning, and yet I think it was the starting point for truly rich and varied creations!

Thanks a lot to all participants!

I invite you to vote for your favorite three versions (the winner will have the right to organize the next game!) and share your thoughts in the comments.

Everyone can vote of course, even people who didn’t participate to the game, until tomorrow, Tuesday, 11:59 p.m.!

The identity of the artists (and the winner) will be revealed Wednesday.

Come on, open your eyes!

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Une contribution « hors-compétition » en mouvement, l’oeuvre interstellaire de Michel, allez découvrir l’étonnant Mondo woodoo, la  planète des zombies-en-bois ! A contribution « out of competition » in motion, the interstellar work of Michel, go and discover the amazing Mondo woodoo, planet of woody-zombies!

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Voici pour terminer la manière dont j’avais moi-même traité  le tas de bois : To conclude, here is the way I treated the woodpile myself :

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Encore merci à tous, et à très bientôt ! 😉 Thanks again all, see you very soon!

PARTICIPATIONS APRES CONCOURS / Participations after contest :

C’est encore possible ! It’s still possible! 🙂

jerohano (3 propositions)

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Benoît Beaudry

Benoit-Beaudry-Billes de bois-001

René Chabrière (3 variations)

RenéChab1

RenéChab3

RenéChab2

*** L’Usure des jours, Lorette Nobécourt, éd. Grasset février 2009 ***

Nuit blanche. Ca faisait longtemps. Bien au-delà du raisonnable, je me laisse absorber – j’absorbe. Je bois, à grosses gorgées à même la bouteille comme pendant la soif. Puis je bois plus doucement. Je me délecte du liquide vivant dans ma bouche, sur ma langue, se mêlant à ma salive. Je suis en train de lire comme ça ne m’était plus arrivé depuis… Depuis quand ?J’avale le texte d’une traite, m’offrant le luxe de reparcourir quelques paragraphes, quelques lignes, immédiatement, pour reprendre le fil : je fais des boucles, mais je ne peux pas m’arrêter. A part quelques secondes, à la fin d’un chapitre, pour accuser le choc ou digérer, le visage grave, les yeux fermés. C’est physique. Je sais déjà que ce livre, je le relirai ; j’anticipe le bonheur de le retrouver, avant même de l’avoir entièrement effeuillé.

Il s’agit d’une de ces rencontres rares, dont on sait très vite qu’elles nous ont apporté plus que mille autres, même si elles ne durent que le temps fugitif de l’apparition d’une comète.

Et tout cela, malgré la barrière du nom de l’auteur, du résumé de la quatrième de couverture, de la photo sur le bandeau. Tout ce conditionnement m’aurait plutôt découragée, à la réception du bouquin. Mais j’en avais lu des extraits dans un magazine, et les mots n’étaient pas trompeurs.

« Le détachement est un bûcher de sensibilité brûlée vive. Notre lien est finalement devenu cette peau intime très douce et insensible en moi qui est celle des grands brûlés. » p.23

« Lire, écrire, c’est coudre un livre après l’autre les morceaux d’une tunique fabuleuse pour s’en aller, joyeux, vers sa propre mort. Cette laine de mots, c’est sur son propre dos que l’écrivain la tond. » p.49

Les chapitres qui m’interpellent le plus : Suicide – Exaltation – Dislocation.

Projection ? Je reçois ce livre comme le témoignage d’une maniaco-dépressive qui ne dit pas son nom… Parce qu’elle refuse de s’enfermer dans la maladie. C’est dérangeant pour moi, car contrairement à la narratrice, je n’ai finalement pas refusé la médication, et je ne parviens pas (plus ?) à sublimer cette expérience aigüe de la vie à travers la création artistique, l’écriture, en particulier. C’est comme si ce livre me pointait du doigt… Appuyant là où…

Et puis, finalement, je me dis que mon parcours est différent de celui de Lorette Nobécourt, bien que la violence des exaltations et des dislocations soit si proche. Je n’ai pas le schéma familial sur lequel elle se reconstruit. Je me reconstruis à ma façon. Et y en a-t-il de meilleures que d’autres ?

La grande qualité de L’Usure des jours, outre l’extraordinaire justesse de description d’une sensibilité extrême, c’est qu’il bouscule, pousse à se réinterroger, fait resurgir ces tissus cicatriciels que l’on veut oublier trop vite, trop facilement. C’est douloureux, mais salvateur.

La question que je me pose : comment ce livre est-il perçu par un autre lecteur souffrant de troubles bipolaires ; et surtout, par un lecteur n’en souffrant pas ?