Tout le monde s’en fout?

Je suis étonnée de ne pas entendre davantage parler du film « We feed the world (le marché de la faim) »…

 

Bien sûr, il ne s’agit pas d’une oeuvre divertissante; je suis sortie du ciné très pensive, hier. Erwin Wagenhofer propose un documentaire qui fait ouvrir les yeux en grand, très grand – trop grand?

 

Non non, on n’est pas dans la catégorie thriller; mais juste dans une réalité qui nous dépasse complètement. Face à des questions sans réponse.

Emportés dans la machine implacable de l’industrialisation alimentaire, qui nourrit l’écart monstrueux entre ceux qui jettent la bouffe et ceux qui crèvent de ne pas y avoir accès.

 

Les poissons mous aux yeux explosés d’avoir été pêchés trop profond, en trop grandes quantités; les villes-serres au sud de l’Espagne, dans lesquelles les plans de tomates grandissent dans des substrats totalement artificiels; les paysans brésiliens qui meurent littéralement de faim, mais à qui est confiée la production de soja (OGM) destinée à nos cheptels; et les poulets… dont la vie se résume à marcher pendant quelques semaines sur leurs congénères après avoir été couvés par un robot, sans jamais connaître la couleur du ciel ni le contact de la terre, simple marchandise entassée par centaines dans des cagettes pour être menée à l’abattoir. Là, une scène nous montre les poulets vivants emportés abrutis sur un rail au premier plan, et les mêmes, morts, dénudés, accrochés par les pattes qui défilent à l’arrière-plan. Entre les deux étapes, juste une série d’engrenages complètement déshumanisés. Tout cela remplit nos assiettes.

Faut-il croire Peter Brabeck, PDG de Nestlé, la plus importante industrie agro-alimentaire mondiale, lorsqu’il affirme qu’entre deux options, la première, « extrémiste », (celle des ONG…) voulant que chaque être humain ait droit à un accès à l’eau; la 2e envisageant l’eau comme une denrée alimentaire à laquelle on se doit de fournir une valeur marchande, il faut, sans hésiter, être réaliste en choisissant la 2e? Que c’est la seule façon d’éviter que l’eau ne soit gaspillée?…

Faut-il le croire quand il s’étonne d’un retour archaïsant aux valeurs de la Nature, pourtant bien moins impitoyable lorsqu’elle est contrôlée par l’homme (sic)? Ainsi, l’alternative bio ne serait qu’une dérisoire et éphémère utopie?

Peut-être que tout le monde s’en fout, ou se résigne à l’impuissance. C’est vrai que j’ai tout à coup l’impression dérangeante d’être une de ces volailles lobotomisées à la chaîne avant la décapitation.

Qui a dit que « nous sommes ce que nous mangeons »?

http://www.we-feed-the-world.fr/

 

 

 

Delpech Mode

 

 
Ben non, je ne connaissais pas! C’est grâce à mon ami Yannouch que j’ai découvert ce site parodique ultra drôle…
Apparemment je suis la dernière à le découvrir, tout le monde me dit: "Delpech Mode? Mais oui je les connais depuis longtemps!"; toutefois je leur consacre une place ici, au cas où ils n’auraient pas encore fait rire tout le monde.
 
Les clips, à voir sur le lien ci-dessous:
 
(Mes préférés: Shake the flirt, Master and chasseur).
 
Voilà comment le groupe se présente:

DELPECH MODE, WHO IS YOU ?

Delpech Mode est le premier groupe des années 150 (70 + 80). Il se compose de deux membres conscrits : David Tourniaire et JG.

Véritable pont anachronologique et transgénérationnel, Delpech Mode unit et réunit « les cheveux blonds, les cheveux gris » (Michel Sardou).
Recueillant les mots de Michel Delpech (MD 70) et les mariant aux harmonies de Depeche Mode (DM 80), Delpech Mode élabore une musique mutante, un (dé/re)cloisonnement verbal et phonique fécond : le concept du « 2 en 1 ».
Mixant les époques, Delpech Mode en crée par là-même une nouvelle : « le futur antérieur ».
Au travers de cette compilation visuelle de chants clipés c’est véritablement l’univers transversal et protéiforme de Delpech Mode que nous vous invitons à découvrir.

mi-delpech, mi-mode : 100% delpech mode !

 

Désencyclopédie

 
Ce site est une parodie de l’encyclopédie Wikipédia, proposant des articles plus loufoques les uns que les autres, mais qui s’avèrent souvent plus proches de la réalité qu’on ne l’imagine…
 
Allergiques au second degré s’abstenir!
 
Le premier article qui a retenu mon attention, évoqué dans Télérama, concerne ma ville natale: Valenciennes.
Ma soeur et moi nous accordons à dire qu’il s’agit sans doute de la ville la plus déprimante de France, les jolis travaux aménagés dans le centre ville ne cachant pas l’atmosphère de sinistre économique qui imprègne les murs depuis des dizaines d’années.
Voici comment le site la présente:
 
Valenciennes
 
Célèbre pour ses grosses usines (dont une vous accueille fièrement à votre arrivée), son lac d’eau pure ainsi que ses rendez-vous tuning sur le parking du centre commercial, Valenciennes est LE fleuron de la région Nord-Pas-de-Calais.
 
Géographie
 
Valenciennes se situe au centre du Hainaut Cambrésis, anciennement « Anneau Cramoisi », entre la rivière « Escaut » et les anciennes montagnes appelées « Coron ». Le « Quiévrain » également passe pas très loin. Son lagon bleu, lac creusé dans une ancienne décharge (Les strates de papier d’alu type « vache qui rit »/ moule/huître/charbon en témoignent encore) vous permettra d’attraper des maladies encore presque inconnues, comme « le pif rougeau » ou encore « la démoraliZation ».
 
Infrastructure

La récente modernisation de l’infrastructure Valenciennoise permettra au fans de Nascar de tester leur bolide avec un véritable adversaire à la hauteur de leur aileron en carton : Le Tram. Pour des nombreuses sensations, les ralentisseurs centraux, ainsi que les nids de poule vous donneront l’impression que les montagnes russes c’est tous les jours !

Gastronomie

Valenciennes dispose de nombreux plats typiques, tels que « les frites et les fricadelles », « les frites et le welsh » ou encore « les frites et la langue luculus »

"El Tarte au Chuque"

Le Kebab est une spécialité Valenciennoise connue mondialement (95% des commerces valenciennois ayant trait de près ou de loin à la restauration, peuvent vous proposer de déguster ce mets).

Phrases typiques de Valenciennes 

« Jasoooonnnnne va ker el caretttttttte ! «  ou encore « Yo pu d’bierrrre ? Heinnnn comment ço y’o pu d’bière, Brendooooo (Brenda) opporte zen a popa et momaan ! » "Armonte eut’maronne !!!" "Vin ichi ti!!!" EEEH porquo ta sali t’maronne, c’est momon qui va core dvoir staper l’llessive. Pti con vo. (Pourquoi as tu encore sali ton pantalon, sacripant, c’est encore ta mère qui va devoir laver tes vêtements souillés)

"Allllééééé VéAAAAAAAA !!!!!" (Prononcer véôôô).

Phrases typiques de quelqu’un ayant déjà vécu à Valenciennes, mais n’étant pas du coin :

« Mieux vaut un Valenciennois……que deux ! »

« Merchi m’sieur Borloo »

Population

L’agglomération valenciennoise compte un peu plus de 300.000 habitants, dont à peu près autant d’alcooliques.

Ne vous fiez pas à l’allure déprimée et au teint rouge des Valenciennois, en effet ils sont nombreux à porter t-shirt et vestes imprimées du fameux et non moins connu « Loup Blanc » « Husky » ou encore « Johnny », la joie est dans le cœur et dans les voitures tuning telles que les « pots de yaourt néon aileron ». La population est à 100 % derrière son équipe de football Rouge et Blanc, véritable terre de football, de toute façon il n’y a que ça…

 

Comme pour Wikipédia, il est possible d’ajouter ou de modifier des choses sur la Désencyclopédie. Je vous recommande d’aller jeter un oeil aux entrées "Belgique (Wallonie)", "Belgique" (Flandres), "Comment noyer Lassie, chien fidèle",  "Win32API", "Nicolas Sarkozy", "Internet"…

Il peut aussi être drôle de choisir "une page au hasard".

Alors, quelles sont les vôtres, de pages préférées?

http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/D%C3%A9sencyclop%C3%A9die:Accueil

 

Le temps qui reste

 
Regarder la mort – la vie – en face.
Le temps qui reste incarne parfaitement cette sensation que j’ai d’être à la fois en route vers la mort et échappée d’elle. Cela donne une intensité, un relief particulier à la vie.
 
 
 
Toute la question du temps. Quelle justesse! François Ozon; Melvil Poupaud, et tous les acteurs d’ailleurs…Quelle force!
Profondément bouleversée… Ca faisait longtemps qu’un film ne m’avait pas retournée comme ça.

Tentatives de lucidité

Albert Jacquard, Tentatives de lucidité, Le livre de poche.
 
  Ce bouquin, très accessible à tous niveaux, retranscrit les chroniques qu’Albert Jacquard donnait sur France Culture. Des chapitres de 2, 3 pages en moyenne, qui me permettent de m’endormir avec la sensation que mon cerveau est moins englué dans sa léthargie…
 
  Je vous en propose un extrait. J’avoue que le choix du thème est loin d’être innocent de ma part. ;o)
 
 
La jeunesse actuelle
 
  Comme chacun sait, la jeunesse actuelle est loin de valoir celle d’autrefois! Regardez-les, les jeunes sont tous nuls, incapables d’efforts, sans idéal… Ce constat, nous l’entendons tous les jours, mais il n’est vraiment pas nouveau. A vrai dire, il a presque toujours été d’actualité, et cela nous incite à en rechercher les causes.
  J’ai reçu récemment une brochure du Secours catholique qui m’a appris que le "jeunesse actuelle" n’était guère plus prometteuse autrefois. Voici quelques citations: "La jeunesse est pourrie jusqu’au fond du coeur. Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme les jeunes d’autrefois." Cette phrase, gravée sur une poterie babylonienne, date de trois mille ans avant Jésus-Christ. "Notre monde a atteint un stade critique. Les enfants n’écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut plus être loin." Celle-ci a été écrite par un prêtre égyptien, deux mille ans avant Jésus-Christ. Enfin, plus proche de notre époque: "Les jeunes méprisent les lois et ne reconnaissent plus l’autorité de rien ni de personne. C’est le début de la tyrannie", constate Platon.
  Selon les circonstances historiques, le passage du témoin entre générations s’est fait plus ou moins facilement. Lorsque le monde d’aujourd’hui ressemble à celui d’hier, que demain sera semblable, l’éducation peut se contenter de maintenir la société dans l’état qu’elle a atteint ou d’accompagner de lentes transformations. Mais lorsque les circonstances changent en profondeur, l’éducation se doit de préparer une société nouvelle. Il ne lui suffit plus d’accompagner, elle doit innover. Le système éducatif ne joue alors son rôle qu’en étant proprement révolutionnaire.
  Malgré le manque de recul, nous pouvons admettre que nous sommes actuellement dans une phase du second cas. Le changement de siècle et de millénaire n’y est pour rien, puisque ce n’est qu’une apparence liée à notre façon de compter les années. Ce qui est fondamental, c’est le changement brutal de notre regard sur le monde et sur nous-mêmes. (…) En un siècle, la science a totalement bouleversé les explications que nous pouvons donner des phénomènes observés dans le cosmos. Ces bouleversements de concepts ont débouché sur des pouvoirs nouveaux dont nous ne savons pas si nous devons nous donner à nous-mêmes le droit de les exercer. Certaines certitudes parmi les plus ancrées de notre représentation du monde se sont évanouies. Notre lucidité en a été améliorée, mais il nous faut rebâtir, dans un nouveau paysage, notre demeure humaine.
  Et cette construction ne peut être réalisée que par la structure qui a en charge l’homme de demain, le système éducatif. Les acteurs de ce système ne sont pas seulement les enseignants; les enseignés, ceux qui constituent la "jeunesse actuelle", y participent tout autant. Certes, en ces temps de transformation, le passage du témoin est difficile. Il ne peut aboutir qu’en faisant confiance à ceux qui, qu’ils le veuillent ou non, prendront le relais.

Le syndrome de la ramasseuse de chats éclopés

Pour ceux qui se souviennent de mon billet "dilemme", il faut croire que je devais avoir quelque chose à faire avec un chat boiteux
Il y a quelques jours, alors que je regagnais ma voiture, le soir, un chat a surgi de dessous le véhicule, et s’est dirigé droit vers moi en miaulant abondamment.
Je me suis penchée pour le caresser, et j’ai constaté qu’il avait la patte avant droite cassée. La coïncidence avec le chat à trois pattes de la montagne m’a bouleversée. Toute la résistance que j’avais élaborée pour m’empêcher d’adopter le petit blanc et noir savoyard s’est effondrée devant ce petit noir et blanc du Nord. Comme si le dilemme d’il y a quelques semaines m’avait préparée à cette rencontre.
Il était mal en point, sale et plein de puces, sa patte cassée faisait mal à voir…
J’étais émue aux larmes. J’ai hésité 2 mn et 18 secondes. J’ai ouvert la portière de ma voiture. Le chat a bondi à l’intérieur.
Le lendemain, le vétérinaire m’a dit que le chat était une chatte, et que la cassure était déjà ressoudée. J’ai acheté du produit antipuces, et l’ai réinstallée dans l’entrée de mon appart. J’ai mis des annonces dans le quartier où je l’avais ramassée, au cas où j’aurais privé un enfant de son animal, bien qu’il n’ait manifestement pas été soigné jusqu’alors.
N’ayant reçu aucune réclamation, j’ai mis la jeune chatte en contact avec mes trois matous. Seul Edgar s’est montré jaloux, mais la plupart du temps il se contente de l’ignorer.
Elle me suit partout, m’accompagne quand je change de pièce. Elle ne sort pas, bien que la porte-fenêtre reste ouverte.
Je l’ai appelée Arkana, en souvenir du dessin animé "Les mondes engloutis" dont nous étions accro ma soeur et moi, et puis parce que les arcanes évoquent le secret, le mystère.
 
 
 
 

Ca fait mal à la conscience…