A votre avis…

L’école, lieu d’humiliation pour les élèves?
 
 
En ce qui me concerne, ce risque, cette dérive possible dans ma pratique professionnelle fait l’objet d’une vigilance constante, quotidienne. Cependant je ne suis pas à l’abri d’une "maladresse", d’une parole malheureuse. Je fais en sorte que cela se produise le moins souvent possible. Et si je me rends compte que j’ai involontairement blessé un(e) élève, je lui demande de m’excuser. Je suis persuadée que c’est en grande partie à cette vigilance que je dois le respect de la part des jeunes avec qui je travaille. Logique, me direz-vous, s’ils se sentent respectés (et pas seulement en tant "qu’êtres apprenants"), qu’ils me le rendent bien.  Mais comment accepter d’appartenir à une institution dans laquelle l’humiliation, ainsi que le rappelle l’article du Monde, est encore monnaie courante, sans risquer la schizophrénie? L’éducation nationale donne-t-elle les moyens aux profs de réfléchir à cette question, et d’être préparés pour réduire les risques de maladresses, voire d’humiliations conscientes? Au cours de ma formation initiale, côté IUFM, RIEN sur le sujet. Ce n’est que parce que la question du respect des personnes à qui j’enseigne me préoccupait déjà, et que j’ai la chance d’avoir un entourage de bon conseil, que j’ai demandé à participer à des stages pas très fréquentés…
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14 réflexions sur “A votre avis…

  1. B\’jour Le resultat du sondage est édifiant!Et même si de nombreuses humilation ne sont pas volontaire il est à craindre que pour les "mauvais éléves" elles soient aussi fréquentes que dévastatrices.bye

  2. Pour le texte, ben je sais pas , c un pote qui m\’a envoyé ça ….le connaissant un peu , ca doit etre un philosophe chinois…ou bouddhiste…Je prendrai une photo de ma pomponette sous le hangard, elle dort sur une couette avec un doudou ;o)milles bisous!célinette

  3. Vous (professeurs intègres s\’il en est) avez quand-même la chance de faire un bien beau métier. Il y a du contenu. De l\’humain. Il y a des luttes. Externes et internes. Il y a de l\’épanouissement. Il y a de l\’humain…Je suis touchée de lire tes quelques lignes. Je crois pouvoir imaginer le dilemne que parfois ton rôle de prof te cause. C\’est chaud tout ça ! C\’est même brûlant…

  4. Ah ptilouis, contente de te voir ici!Ca fait un moment que je n\’arrive plus à t\’envoyer de comm sur ton blog, je ne sais pas pourquoi. Peut-être un problème de paramétrage?

  5. Les individus les plus niais et les plus incompétents au contact d\’une ribambelle de gamins sont souvent nichés dans les jupons de l\’Education Nationale. Aucune formation préalable à l\’enseignement – et je ne parle même pas des P.R.O.F.S qu\’on peut rencontrer dans le privé – puisque un enseignant, CAPES en poche, qui débarque au collège ou au lycée peut, A PRIORI, n\’y avoir mis les pieds qu\’une dizaine d\’années auparavant, lorsqu\’il était élève. Un vrai sacerdoce l\’éducation nationale : hop ! on sort de la fac avec son CAPES, hop ! on est propulsé sur l\’estrade derrière un bureau, pour une année de formation – qui ressemble plus à un bizutage, à un baptême – avec devant soi une poignée de gamins prêts à vous sauter dessus à la moindre défaillance, sans que vous y soyez vraiment préparé. On apprend sur le tas à l\’éduc\’ nat\’! Pas étonnant qu\’il y ait parfois des dérapages…Et puis, des pervers, des mal-lunés, des mal-baisés, des cons, des imbéciles et des incapables on en trouve aussi dans l\’éducation nationale. Quand, au grand dam des futurs profs, on aura assimilé des formations à la pédagogie – appelez ça comme vous voudrez – qui viendront étayer et recadrer la pratique de l\’enseignant durant sa carrière, sans doute pourra-t-on réellement isoler et combattre efficacement ces dérives, qui somme toute restent rares.Puisqu\’il semble communément admis que l\’enseignement reste avant tout une vocation, on ne s\’étonne pas que certains profs se fassent chahuter, humilier et finissent par regretter d\’avoir choisi cette voie. S\’i s\’agit d\’évoquer la responsabilité des enseignants, qu\’on les forme au préalable à l\’enseignement et qu\’on leur propose aussi de se perfectionner tout au long de leur carrière ; d\’autres professionnels attachés à l\’éducation des enfants le font très bien, ça ne règle pas tout, mais au moins, on a le mérite de s’en soucier. S\’il s\’agit de traiter "l\’exacerbation de la concurrence scolaire, elle-même associée à une dévalorisation des diplômes et à une vive concurrence sur le marché du travail", que nos gouvernants donnent à l\’école les moyens d\’assurer l\’égalité des chances pour tous. Voilà mon point de vue.Cordialement.

  6. BONSOIR…Ah…on vous a préparé une superbe surprise…qui nous a pris l\’après midi…Nous sommes a court d\’idée… Nous vous demandons a tous…de bien vouloir venir voir l\’album photo…de notre série de cet aprem…afin de nous donner vos éventuelles idées…Sur ma boite hotmail….Idées, comme photo…tout sera mis sur le net….Je compte sur vous tous….Merci de votre passage et rigoler bien surtout ;o)…ps: Billet a lire et ensuite photo….Vanessa et Céline

  7. ouais ben là, c \’est plus le keskeucé 10, c\’est plus grave.Juju, si tu veux un texte moins grave va voir le keskeuce 10. Ou Bouddha aussi. Depuis la rentrée j\’ai un éléve bizarroide qui se désinteresse de l\’ecole et du travail en general. "j\’ai pas envie de travailler" "oh non" "j\’en ai deja marre de l\’ecole" a haute voix, cela m\’embete je ne veux pas de contamination. C\’est grave car ce n\’est que la rentrée tout de meme, et qu\’il n\’est qu\’en cinquieme, étape encore touristique du voyage des classes. Le summum, alors que je demande depuis le debut de l\’annee un cahier enorrrrme afin de coller simplement les feuilles sur lesquelles se trouvent textes et questions (et plus si affinites, du style citation imagerie marrante et déco sympa et tout le toutim), lui se retrouvait il y a quelques jours avec le plus petit des cahiers du monde avec mes fueilles pliées en quatre. Impossible de travailler, de lire le texte tout en répondant aux questions, chps lexicaux etc.V\’là tipa que cela ressemble à la cerise sur le gateau. Alors d\’un geste véhément, j\’ai pris son cahier, en arrachant délicatement qd meme mes propres feuilles, en lui pretextant que ca ne pouvait pas etre une posture de travail (celui ci n\’avait pas commencé les exercices, les autres de la classe avait deja presque fini). Je prds son cahier, le mets à la poubelle : rien a faire en cours de français. Radical.V\’la tipa que je desire rencontrer ses parents, portugaisch trente ans tous les deux, car c\’est une depression anormale pour un debut d\’annee. Eux me confirment que sa marraine est decedee la veille de la rentree..il y a un lien evidemment. Son Prof Principal de l\’annee passee et son ex responsable de niveau m\’avaient prevenus : ses parensts sont indomptables, son fils qui visiblement a eu moult problemes naguere, est un ange, et il n\’est jamais responsable de rien. Transfert meme du probleme pour les parents, ils commencent a juger mon geste en classe : attention qu\’il ne devienne pas un bouc emissaire, etc / moi qui aime le portugal, j\’en ferais plutot un chouchuo mais bon. Alors leur dire qu\’il s\’agit d\’un geste symbolique fort, patati patata, ça n\’a pas convaincu le pere qui avait "decide de ne pas faire venir le fils lors de cet entretien car il pensait que lui – le pere – serait plus agressif". Il semblerait que j\’aurais calmé l\’animal sans m\’en rendre compte. Une heure d\’entretien…Bref, mon geste fut un geste d\’humiliation. Meme symbolique, sorti du contexte, et de tout ce qui peut contredire cela, comme mes petits gestes au quotidien qui multiplie son integration dans la classe. Ce fut donc un geste d\’humiliation, j\’en suis sûr. Je ne sais pas si le symbolique associée à la posture de travail portera ses bons fruits, pour lui comme pour la classe. Regretter ce geste, je ne crois pas pour autant. Ce n\’est pas une violence physique, pas une violence des mots, c\’est une violence du geste. Ce n\’est pas mieux, c\’est peremtoire j\’avoue. Maintenant, deuxieme question de fond : faut-il faire deux poids deux mesures entre les eleves en fonction du contexte familial. Certains diront oui, d\’autres non. Dois-je en tenir compte pour l\’avenir…ps : cette histoire ne me touche pas autant que cela en a l\’air, cela rentre juste dans la discussion sur l\’humiliation. Et concernant le contexte familial, je dirai aussi froidement qu\’il faut en tenir compte le moins possible, les enfants le sentent, ne veulent pas d\’un regime de faveur ou d\’une pitie parfois ressentie, preferent la transparence pour tous, on les dira parfois ingrats (il parait), mais ils aiment l\’egalite entre tous.

  8. Quelques précautions oratoires avant de commencer (qu\’au moins mes semaines de recul du net me servent à ça !) : je crois que ton billet abrite en réalité deux débats, à deux niveaux distincts.Le premier niveau, le plus évident, c\’est ce qui se passe au niveau individuel. Naturellement, j\’aimerais que chaque professeur soit suffisamment maître (dans tous les sens du terme) de lui, de ses compétences, de sa pédagogie… pour pouvoir être un véritable formateur. Et, malheureusement, j\’ai envie de dire que tous ceux, dont toi, qui se posent la question ont fait l\’essentiel du chemin (cela n\’évite pas les erreurs ou les dérapages – l\’erreur est humaine -, mais cela signifie que tu/vous êtes capables de l\’accepter et de rectifier le tir).Mais le deuxième débat, plus délicat, est de savoir comment l\’institution doit se positionner par rapport au monde qui l\’entoure. Doit-elle être en quelque sorte "hors du monde", hâvre de paix et de justice dans un monde qui ne l\’est pas, ou doit-elle être "dans le monde", avec ses travers humains ?En effet, chercher à gommer toute forme d\’humiliation, est-ce vivable ? C\’est à ce titre que certains luttent contre toute forme de sélection. Mais c\’est inscrit dans la Nature, que nous le voulions ou non. L\’actualité nous donne d\’innombrables exemples qui montrent que l\’Homme doit se confronter en permanence à l\’humiliation… et parfois même le fait volontairement ! Les castings, la télé-réalité, qu\’est ce d\’autre finalement que la mise en image de l\’humiliation permanente ? Comment envisager la transition d\’une école qui éliminerait toute forme d\’humiliation (pas de classements, pas de remise de notes…) au monde de l\’entreprise ou soudain on va vous "comparer" aux autres (avec un vainqueur, certes, mais aussi un vaincu, humilié !).L\’éducation au sens large peut aussi nous éclairer, peut être : certains mouvements ont voulu supprimer toute contrainte, toute frustration. Et que constate-t-on ? Qu\’en réalité, l\’enfant apprend au moins autant (mais en réalité, certainement beaucoup plus) d\’avoir su surmonter et dépasser une frustration que de ne pas y être confronté…Autrement dit, je pense qu\’il est idiot de vouloir créer une école parfaite dans un monde qui ne l\’est pas. La sélection, la notation, le stress, les examens et les concours me paraissent légitimes. Mais, naturellement, au plan individuel, il est souhaitable que chaque prof soit suffisamment formé, conscient… (càd bien dans sa tête) pour ne pas sombrer dans le gratuit.

  9. Pas question de créer une école parfaite, ni de bercer les élèves de douces illusions, dans un cocon déconnecté des réalités! Je te semble donc si naïve, Thierry?Les jeunes ont autour d\’eux suffisamment d\’occasions de se sentir humiliés pour que le système éducatif n\’en rajoute pas une couche. Il ne s\’agit pas de faire l\’autruche. Pour être préparé aux risques d\’humiliation, faut-il obligatoirement la subir, ou la faire subir? Je la refuse, sans la nier. J\’espère montrer qu\’autre chose est possible. Utopie? C\’est encore mon optimisme qui te dérange? Au fait… Pourquoi le mot "malheureusement" à la 9e ligne de ton comm? ;o)

  10. Décidément, la communication est un sport difficile. Pas une seule seconde je n\’ai eu le sentiment de te traiter de naïve, ni comme une naïve. Mais bon, il arrive que, bien que disant la même chose, on n\’arrive jamais à se comprendre…Mais reprenons les choses dans l\’ordre. "Malheureusement", à la ligne 9, fait référence au fait que, comme c\’est toujours le cas dans tous les domaines, ceux qui posent les bonnes questions et cherchent les réponses sont déjà ceux qui commencent à y donner les bonnes réponses. Mais la masse de tous ceux qui ne s\’interrogent pas, qui ne se remettent pas en question une seule seconde, ceux là seront "malheureusement" les derniers à remettre en question leur pratique… si jamais cela doit arriver.Sur le deuxième aspect du débat, je ne donne pas réponse. Je n\’ai pas la prétention (même si visiblement c\’est ainsi que tu semble l\’avoir reçu) de dire que les solutions existent. Je suis dans l\’interrogation ! Et elle ne me parait pas absurde. Quand, dans le Monde, que je ne considère certes pas comme un journal naïf, je lis "Certains enseignants continuent de distribuer les notes par ordre décroissant avec une remarque bien sentie pour le dernier", par contre, je me dis que peut être le débat est biaisé. Parce que, honnêtement, cet enjeu qui pour moi relève du "politiquement correct" (pas de disctinction entre les élèves) nie la réalité, et à plusieurs titres : d\’abord parce que vouloir croire à l\’égalité ma parait illusoire (nous sommes tous inégaux, devant les capacités physiques, devant la capacité à chanter, devant l\’art, devant la capacité à écrire des poèmes… et également devant la capacité à faire des maths, de la physique ou de l\’histoire !), mais, surtout, parce que les élèves, même si le prof ne distribue pas les copies dans l\’ordre, s\’arrangent pour le connaître, et humilient ceux qui ont échoué… Finalement, c\’est en réalité la vie en société qui est humiliante, pour ceux qui sont les moins bien lotis (le but étant de trouver l\’équilibre dans la frustration, et de ne pas se retrouver être "le plus mal loti" dans tous les domaines !).Je pense évidemment que, probablement, l\’idéal serait dans un positionnement de l\’école entre les deux extrêmes, avec un lien suffisamment fort avec le "réel", mais notamment en évitant toutes les choses gratuites qui ne sont justifiées que par la "tradition" (comme les bizuthages, par exemple… rite parfois extrême, certes, mais rite de passage tout de même. Supprimer le rite pour supprimer l\’humiliation, c\’est peut être trop… encore une question d\’équilibre !), le manque de formation ou de préparation des enseignants…Naturellement, je ne dis pas qu\’il faut exprès ridiculiser les élèves, les rabaisser, les humilier en attendant que les plus faibles craquent. Mais, à l\’inverse il me semble aussi qu\’il ne faut pas aller trop loin dans l\’autre sens. Faire de toute posture d\’un prof une humiliation. Quand j\’avais une mauvaise note, je me sentais humilié, oui… mais de ne pas avoir compris, de ne pas avoir été capable de faire le travail demandé.Je vais, pour finir et ne pas faire trop loin pour cette fois, te raconter une petite histoire vécue, et qui traite de ce thème. En 4e (c\’est comme dans "Les contes du vieux vieux temps"…), un lundi matin, première interro surprise de maths du 2e trimestre. Avec mon 15 de moyenne du 1e trimestre, c\’aurait du être du genre "lettre à la poste". Mais, parce que la veille j\’avais révisé l\’algèbre et que c\’était de la géométrie, parce que c\’était pas le jour, parce que… panique à bord. Absolue. Même pas capable de dessiner un rectangle (j\’avais fait un triangle…). La prof, consciente de la panique qui m\’avait saisie, a décidé de noter ce devoir "???", et de ne pas me donner de note. Elle s\’est retrouvée face à une vague de protestation, car mes camarades ont jugé que j\’étais, en tant que fils de collègue (ma moman était prof de maths dans le même établissement), protégé. J\’ai donc le 1/20 que ne méritais même pas ma copie. J\’ai mis 1 an 1/2 à m\’en remettre. L\’humiliation, ce n\’était pas d\’avoir paniqué, je m\’en suis remis assez vite. Ca a été de voir cette vague de fond de camarades qui s\’emparaient du drapeau de la justice, juste pour savourer le fait que j\’avais eu 1 ! Je me demande parfois si ma vision pessimiste de l\’humanité n\’est pas en partie liée à cet épisode…Oups, un peu long…

  11. Ben là je te comprends mieux Thierry, peut-être que la communication entre toi et moi demande un peu plus de temps… ;o)J\’ai moi aussi été fille de profs, et en 4e et 3e je l\’ai assez mal vécu également, mais plutôt parce que certains profs réglaient des comptes avec mes parents, par mon intermédiaire. Je me souviens du prof d\’arts plastiques, la même discipline qu\’enseigne ma mère; il n\’avait pas beaucoup de sympathie pour elle, et me claquait systématiquement des 20/20, l\’air de dire "j\’ai pas envie de discuter avec elle, je te mets 20 comme ça j\’aurai la paix." Eh ben, un 20 comme ça, c\’est peut-être surprenant, mais c\’était une humiliation… Parce que mon travail n\’était pas évalué, ni reconnu, à sa juste valeur; et les autres élèves de la classe le savaient bien. J\’étais gênée de ces 20 non mérités.Hélas il y a eu aussi des petites phrases plus humiliantes encore de la part d\’autres profs, allusions à ma vie privée, regards entendus, etc. Sans parler de la méfiance des autres élèves, pour qui j\’étais toujours "à part". Cela dit, le plus grave, c\’est ma soeur et mon frère qui l\’ont récolté. Mon frère s\’est même fait exclure de l\’établissement!Et je suis bien consciente que ces humiliations ne sont que celles d\’enfants "privilégiés", que cela aurait pu être bien pire et douloureux. Que cela l\’est encore pour tellement d\’élèves aujourd\’hui. Ce qui m\’énerve, c\’est que les humiliations entre adultes, ça se gère; mais qu\’un jeune n\’a pas forcément les ressources pour encaisser, et que ça peut le marquer pour très longtemps. Pour revenir à ta situation, l\’humiliation peut effectivement venir d\’un traitement de faveur, parce que la prof en ne te notant pas n\’a pas été juste et s\’est trouvée, comme toi, en porte à faux. Sans vouloir surprotéger qui que ce soit, l\’objectif serait d\’être les plus justes, honnêtes et sincères possible avec les jeunes. Qu\’ils sentent de notre part de la CONSIDERATION.

  12. Je t\’entends bien également.C\’est aussi pour cela que j\’avais établi deux niveaux. Au plan individuel, je rêve naturellement de profs qui soient tous capables de pédagogie (mais en même temps, je doute que cela s\’apprenne, si l\’on n\’a pas la fibre… cela peut se cultiver, s\’améliorer, mais, me semble-t-il, pas s\’acquérir !), mais surtout qui soient eux mêmes équilibrés, bien dans leur tête, capable de maîtrise, pour ne pas avoir besoin de se débarrasser sur leurs élèves de leurs frustrations, de leurs déceptions, de leurs angoisses, de leurs souffrances. Et c\’était le sens de mon "malheureusement", car je crois que l\’enseignement devrait être un métier de vocation (ce qu\’il est encore pour certains, naturellement, et heureusement), et pas un métier "d\’occupation" (ce qui est le cas pour tout de même beaucoup, je crois). L\’autre question à laquelle je n\’ai pas de réponse, c\’est que je pense de plus en plus qu\’il n\’est pas forcément bon de pouvoir être "prof" toute sa vie. Peut être serait-il bon, dans un monde idéal, d\’avoir l\’occasion de voir et de faire d\’autres choses, et éviter la routine, la frustration…Par contre, c\’est vrai que je regrette que l\’on fasse toujours porter aux profs (en généralisant, en plus, donc autant aux mauvais, qui le méritent, qu\’aux bons, qui ne le méritent vraiment pas) un rôle qui ne devrait pas être le leur. Entre les parents qui se dégagent parfois de leur rôle d\’éducateurs, l\’entreprise qui exige une formation "professionnelle" (dont je ne crois pas que ce soit le rôle de l\’école), la société qui voit l\’école comme une structure occupationnelle (mieux vaut qu\’ils soient à l\’école, au moins ils feront moins de conneries…)… Si en plus on commence les grands procès de l\’institution, je trouve que c\’est abusif. L\’humiliation ne vient pas forcément des profs ou du système ; l\’esprit de compétition est aussi amené dans l\’enceinte de l\’école par les élèves eux mêmes ; la "sélection", qu\’on le veuille ou non, est non seulement naturelle, mais aussi indispensable. Par idéologie "politiquement correcte", je crois qu\’on va dans le mur. Je crois que l\’on peut faire de l\’égalité des chances sans faire de l\’égalitarisme…Mais, encore une fois, j\’apprécie ton approche du sujet : je crois que chaque prof digne de ce nom doit être conscient de la portée de son discours, et que le "pouvoir" qu\’il a (et qu\’il doit avoir) sur ses élèves lui donne aussi une responsabilité et des devoirs. Mais le fait que tu poses la question souligne suffisamment que tu fais partie de ceux pour lesquels il n\’y a pas "d\’inquiétude" à avoir : comme tout le monde, tu peux faire des erreurs (même si c\’est peu accepté… mais c\’est encore un autre débat… tiens, d\’ailleurs, je crois que je vais faire un billet la dessus). Mais tu ne les feras pas volontairement, et ce sera de bonne foi…

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