A Yannouch, aux fées.

Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent.
 
Edgar Faure
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5 réflexions sur “A Yannouch, aux fées.

  1. (extrait de petits contes pour enfants des blancs) de……Cendrars : pour toi juliche :)Au début de la saison sèche , vous voyez tous les oiseaux monter très haut en l\’air. Ils tournent, ils virent, ils s\’élancent, retombent, remontent, se poursuivent infatigables, acharnés, déroutants. Tous les matins, ils se donnent rendez-vous au ciel, où ils évoluent par bandes, s\’ébattent et jacassent à qui mieux mieux. Mais si vous y regardez de plus près , ce tourbillon d\’ailes, de plumes et de cris assourdissants, qui vous ferait croire à une grande bataille agitée, ce ne sont pas les oiseaux qui en sont cause, c\’est le vent, le vent qui les porte, le vent qui les lâche, le vent qui les souffle, les anime et les abat. De même au ras du sol, cette chose qui passe en soulevant de la poussière, cette boule rapide de plumes frissonnantes, ce n\’est pas l\’autruche, c\’est le vent. Le vent.Le vent habite au sommet d\’une haute montagne. Il habite dans une grotte. Mais il n\’est pas souvent à la maison, car il ne tient pas en place. Il faut toujours qu\’il sorte. Quand il y est, il donne de la voix et son antre retentit au loin comme le tonnerre. Quand il reste par hasard deux , trois jours à la maison, il faut qu\’il se donne de l\’exercice. Il danse, gambade, saute sans raison; il donne de grands coups d\’ongles dans les silex, de grands coups de bec dans la roche, de grands coups d\’ailes dans sa porte, si bien que la terre en tremble au loin et que la montagne qu\’il habite en est toute ravinée. Mais il ne faut pas croire qu\’il est alors en courroux ou qu\’il éprouve ses forces, non. Il s\’amuse. Il joue.. Tout simplement . Il se donne tant d\’exercice qu\’il a toujours faim. C\’est pourquoi il entre, il sort, retourne chez lui et repart. Mais il est encore plus irréfléchi que gourmand. Il s\’envole au loin et rapporte une toute petite graine qu\’il laisse choir avant d\’être arrive pour fondre sur une pierre brillante qu\’il va déposer dans son aire. Chez lui , c\’est plein de coquillages, de choses brillantes et inutiles, un vieux bout de fer, un miroir. Il n\’y a rien à manger, rien de bon. Dehors, il croque un moucheron, entame une banane, déterre une racine de manioc, secoue les arbres sans ramasser les noix, saute des rizières dans les champs de millet, saccage le mais, disperse les haricots et les fèves Toujours distrait, mais l\’oeil allumé de convoitise, il lui arrive de grignoter à tout sans parvenir à se nourrir sérieusement, C\’est pourquoi il a toujours faim C\’est un être tellement écervelé que souvent il ne sait pas pourquoi il est sorti et qu\’il oublie jusqu\’à sa faim. Alors il se demande et dit: -Pourquoi suis-je là en train de tourner en l\’air? Et il se met en colère et ravage tout, les plantations et le reste, et il fait très peur aux hommes enfermés dans leur village. Quand il a réussi à renverser la grande paillote du chef, il est content et remonte très haut en l\’air On dit alors qu\’il plane. L\’eau se vide à peine. Avez-vous remarqué que le vent n\’a pas d\’ombre, même quand il rôde autour du soleil, en plein midi? C\’est pourquoi il est changeant C\’est le fils de la Lune et du Soleil. Aussi ne dort-il jamais et l\’on ne sait jamais quand il badine, muse ou se fâche. A force d\’aller et venir, de tourner et de s\’en retourner mille et mille fois sur ses pas , rien ne pousse plus autour de son habitacle. Il n\’y a que pierres, sable et pierres branlantes . C\’est un affreux désert de chaleur et de soif, et encore de chaleur. C\’est là que le vent s\’ébat comme s\’il y avait une nichée de petits. Mais il n\’a pas de petits. Il vit tout seul. Et toutes ces empreintes dans le sable, les grandes et les petites, c\’est le vent qui les a faites, soit en se posant sur ses pattes, soit en marchant sur le bout des ailes, et si vous tombez dans un trou, c\’est encore le vent qui l\’a fait, exprès, avec son bec. Cherchez le vent! Vous le croyez sur une dune, il est dans une ravine: vous le cherchez dans les vallonnements, il est sur une crête. Cherchez le vent! Il se rit de vous dans chaque défilement, dans chaque ride, au loin et tout près derrière vous, il tourbillonne. Quelle est sa forme? Si vous pistez des traces dans le sable, vous tombez sur la tortue. Il rit. C\’est un tambour. Et si vous entendez dégringoler dans les pierres, ce n\’est pas un lézard, c\’est le vent, quoi, le vent. Quand le vent a enfin trop chaud dans son pays, il s\’en va au loin et se laisse tomber dans la mer. Vous croyez que ce sont les poissons qui sautent? Non, c\’est le vent. Une baleine? Non c\’est le vent. Des baigneurs? Non, c\’est le vent. Un nuage? Voici la pluie! Voici la pluie! La saison sèche est bien finie! Et c\’est encore le vent! Merci le vent !

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